Témoignage : Premier rallye en pilote.

Hello à tous,

A la base quand j’ai créé mon blog, c’était pour espérer aider les débutants à trouver les informations nécessaires pour débuter en rallye.

Presque 3 ans après la création, voici un retour positif de mon blog, d’un débutant en rallye.


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1/ Salut, présente-toi stp ?

Je m’appelle Sébastien Leix, j’ai 41 ans et je suis développeur web. Je suis marié avec ma copilote Angélique qui est écrivain et nous avons 2 enfants. Je suis passionné de sport automobile depuis ma plus tendre enfance.

Je prends plaisir à aller voir les rallyes en tant que spectateur et en début d’année dernière, je me suis lancé comme défi de courir mon premier rallye.


2/ Tu as participé ce week-end à ton tout premier rallye en pilote, comment t’es-tu préparé mentalement ?

Ce premier rallye, il m’a fallu un an pour le préparer. Je suis parti de zéro car je ne connaissais rien à l’envers du décor. Je n’avais pas non plus de personnes autour de moi qui pratiquait le rallye, j’ai donc dû me débrouiller seul.

Je suis quelqu’un d’assez perfectionniste et pour être bien mentalement, je devais impérativement connaître un maximum de choses pour ne pas laisser de place au hasard. Ainsi, j’ai passé beaucoup de temps sur internet, notamment sur ton blog, sur les forums et les groupes pour aller à la pêche aux informations.

Des tonnes de questions fusaient dans ma tête : quelle voiture ? Comment devenir licencié ? Quel copilote ? Quel budget ? La réglementation ? Les pointages ? La prise de notes ? L’équipement ? Les pneus ? etc.

J’ai donc passé des mois à étudier chaque point dans le détail. J’ai besoin de comprendre comment tout fonctionne, c’est ainsi que j’arrive à me rassurer. De part ma nature, je suis incapable de me lancer dans quelque chose sans savoir où je mets les pieds, je ne peux pas laisser de place au hasard, je dois pouvoir maitriser la situation en tout point pour me sentir bien mentalement.


3/ Qu’est-ce qui t’a semblé le plus difficile ?

Bizarrement, c’était la prise de notes qui m’angoissait le plus. Lorsque je regardais des vidéos en caméra embarquée, j’étais déjà perdu au bout de 3 virages. J’ai donc dû travailler énormément sur ce point pour me sentir à l’aise. J’ai commencé par choisir le système de notation qui me convenait le mieux et j’ai retenu le système 1 à 6.

J’ai suivi les tutos Rally Rec dont tu as déjà parlé sur ton blog. J’ai utilisé son système ingénieux avec l’application et le bouton sur le volant pour calculer les distances. J’ai acheté un couvre volant premier prix et j’ai dessiné les repères de virages aux feutres Posca.

J’avais maintenant le matériel pour faire de bonnes prises de notes, on est donc parti s’entraîner sur les anciennes spéciales du Rallye du Var. On faisait 2 passages de prises de notes, puis un 3ème en mode “course”, c’est-à-dire avec ma copilote qui dictait les notes. Bien entendu, c’était loin d’être en condition réelle de course car je roulais à vitesse réduite puisque nous étions sur route ouverte, mais cela mettait déjà en avant les difficultés de timing et de compréhension des notes.

Nous avons travaillé ça pendant 3 week-end, jusqu’à être capable d’avoir des notes propres après 2 passages. C’était un mal nécessaire, car ma copilote et moi étions bien plus rassurés pour affronter les vraies reconnaissances la semaine suivante.

J’ai également travaillé à écouter les notes. Pour cela, j’ai acheté le jeu vidéo Dirt Rally 2.0 et je me suis entraîné des heures durant à anticiper ma conduite à partir des notes. Cela a été très formateur pour moi.


4/ Tu roules en Citroën Saxo N2, pourquoi ce choix ?

J’ai cherché une voiture qui serait un bon compromis entre le plaisir et le coût. Quand on parle de rallye, on se doit de maîtriser son budget car c’est un sport qui coûte cher.

Pour cette première saison, j’avais bouclé un budget de 30 000€. Il fallait donc pouvoir acheter une voiture, un porte-voiture, deux équipements complets pilote et copilote, des trains de pneus, les licences, les engagements, les frais d’entretien et les frais divers.

Par conséquent, l’enveloppe destinée à la voiture était de 15 000€, ce qui correspond au tarif d’une top N2. J’avais le choix entre la Peugeot 106 et la Citroën saxo, et j’ai eu un petit faible pour la marque aux chevrons.

Après des mois à suivre les petites annonces, j’ai acheté à distance une Saxo que j’ai faite rapatrier depuis la Bourgogne jusque dans le Var. J’avais conscience du risque que je prenais d’acheter une voiture à l’aveugle.

Malheureusement pour moi, j’ai eu quelques mauvaises surprises. J’ai fait venir un commissaire technique pour qu’il inspecte la voiture et j’ai dû mettre la main à la pâte pour remettre la voiture aux normes. Rien de très grave en soit, mais c’est toujours du temps et de l’argent perdu.


5/ Ta femme qui te copilote faisait aussi son premier rallye, vous avez fait le grand bain ensemble. Penses-tu que c’est mieux pour un premier rallye de rouler avec une personne de confiance même débutante ou avec un copilote un peu plus expérimenté ?

Je pense que c’est à l’appréciation de chaque pilote. Pour ma part, j’étais au contraire stressé de faire monter à bord une personne expérimentée car j’aurai eu peur qu’elle me mette la pression où qu’elle me pousse à aller au-delà de mes limites.

Je suis une personne raisonnable et il était hors de question de partir comme un kamikaze dès le premier rallye.

A l’origine, quand j’ai voulu me lancer dans le rallye l’an dernier, Angélique avait refusé catégoriquement de monter dans le baquet de droite. Elle avait peur et il faut avouer que le sport mécanique ne l’intéressait pas plus que cela.

J’ai donc passé des annonces pour chercher un copilote et j’ai été confronté à la difficulté d’en trouver un. Il semblerait qu’il soit plus facile de trouver quelqu’un quand on est un pilote de renom dans une grosse R5, qu’un débutant dans une N2.

J’ai eu pas mal de propositions, mais elles n’étaient finalement pas très sérieuses, voire même farfelues. Les personnes étaient très intéressées, mais dès lors que j’abordais la question du prix de la licence et de l’équipement, c’était silence radio et pourtant j’étais prêt à payer l’intégralité de l’engagement.

Après plusieurs semaines de recherche, j’étais désespéré…
C’est alors que ma gentille épouse à eu pitié de moi et s’est proposée de me copiloter, au moins une fois, pour me permettre de réaliser mon rêve de gosse.

Elle a dû prendre énormément sur elle pour surmonter sa peur et de surcroît dans un domaine qui ne la passionne pas du tout.
C’est à ce moment qu’elle m’a rejoint dans l’aventure.

Je dois avouer que ça m’a fait énormément plaisir, tout d’abord parce que c’est super de se lancer dans ce genre d’aventure en couple, mais aussi parce que je me sentais soudainement bien plus en confiance avec quelqu’un que je connais.

On a donc travaillé ensemble pour apprendre et notre duo à parfaitement fonctionné, même mieux que ce qu’on espérait. C’est une véritable expérience de vie que de se lancer en couple dans une telle aventure.


6/ Quel objectif sur ce rallye ?

L’objectif était avant tout de découvrir le monde du rallye de l’intérieur en tant que concurrent. On savait qu’on n’allait pas rouler vite, mais on voulait prendre nos marques à notre rythme et sans pression, peu importe si nous arrivions dernier.

Il fallait découvrir la voiture, il fallait découvrir la conduite sur des routes très cassantes et glissantes, il fallait être attentif aux notes et ne pas se faire piéger.

Il fallait rester concentrer, ce qui n’est pas toujours évident quand on se retrouve propulsé dans quelque chose d’aussi intense et nouveau que le rallye automobile. Nous ne voulions prendre aucun risque.
Nous avions choisi ce rallye car il se courait de jour, à 10km de chez nous, dans un environnement que l’on connaît. Les conditions étaient idéales pour un premier rallye.


7/ Comment s’est passé ce rallye à domicile ?

Très intensément !

Nous étions prêts, mais la semaine qui a précédé le rallye était très stressante. On dormait de moins en moins la nuit au fur et à mesure que le jour du départ approchait. Chaque heure, la tension montait d’un cran.

On essayait Angélique et moi de se rassurer mutuellement, mais le stress prenait le pas. Elle était sans doute encore plus angoissée que moi à l’idée de se perdre dans les notes. Je lui ai répété maintes fois que ce n’était pas grave, ça arrive même au plus expérimentés et que de toute façon je roulerai à vue pour ne prendre aucun risque.
C’est lorsque nous sommes sortis du parc fermé que nous avons compris que l’aventure venait de commencer. Nous allions alors vivre un moment formidable et riche en émotions.

Les spéciales se sont alors enchainées, tout se passait bien dans l’ensemble pour un premier rallye. On était plutôt bien au niveau des notes, elles étaient justes à quelques rares détails prêts, l’entraînement à donc payé ! Angélique a bien géré le pointage, nous étions dans les temps. On a juste galéré avec les casques et les Hans qu’on n’arrivait pas à attacher avec le stress, c’est un point dont on avait pas pensé : s’entraîner à s’équiper et se déséquiper rapidement.

Au fil des spéciales on a amélioré les chronos. On était clairement dans la course car on était revenu en 3ème position de la classe N2, ce qui était totalement inespéré pour un premier rallye.

Malheureusement, à l’issue de l’avant dernière spéciale, le support moteur rend l’âme. Je décide d’abandonner. Je fais en réalité une erreur, car j’aurai pu faire la dernière spéciale et terminer la rallye pour marquer le coup, mais tant pis c’est fait.

Quoiqu’il en soit, on était ravi de notre première expérience, on a passé une excellente journée très riche en émotion et on a hâte d’y retourner.


8/ Au départ de l’ES, qu’est-ce que tu t’es dit quand la voiture devant toi à quitter la ligne de départ ?

Je me suis dit qu’il ne restait plus qu’une minute avant de faire ce que j’attendais depuis des années : prendre un départ !

Je m’attendais à voir le panneau électronique de décompte, mais sur ce rallye c’était à l’ancienne. Il faisait des signes avec la main que je ne comprenais pas. J’ai demandé aux commissaires après coup, c’était l’annonce des 30 secondes et 10 secondes.

Bref, quand il a levé la main, j’ai lâché le frein à main et on a patiné pendant 10 mètres. Nous venions de plonger dans le grand bain ! Dès les premiers virages je commence à sentir les sensations d’une voiture de course.

C’est surprenant, je ne pensais pas devoir me battre à chaque instant pour rester sur la route. La route est très bosselée, la voiture part sans cesse d’un bord à l’autre de la route, l’autobloquant ne doit pas arranger les choses. Mais alors… quel pied !!!


9/ Ton niveau de plaisir sur 100% ?

Il est à son maximum, évidemment !

Je n’aurais pas imaginé un seul instant qu’une si petite voiture puisse procurer autant de sensations. Je trouve que c’est très nerveux dans ces routes très sinueuses. La voiture est très saine, bien sûr je suis loin de l’avoir exploitée à fond, mais tout fonctionnait parfaitement, elle était précise et rassurante. Je ne me suis jamais senti en insécurité.

Quel bonheur !


10/ Maintenant, avez-vous une suite de prévue ?

Nous sommes engagés sur le Rallye des Roches Brunes dans 2 semaines.
Je viens de passer mon dimanche sur la voiture pour la réparer, donc en théorie nous sommes prêts pour ce prochain rallye.

Nous allons découvrir quelque chose de différent avec plus de spéciales distinctes réparties sur deux étapes ainsi que de la conduite de nuit.

Nous avons énormément de choses à apprendre et j’espère que ce prochain rallye nous permettra de continuer à nous faire plaisir. Et cette fois ci, on veut le finir.


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